Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mon livre...

Petite Fée Coquelicot

...soyons le changement que nous voulons pour ce monde...


Claques et fessées...

Catégories : #Parentalité, #Sans violence

Il y a quelques jours, j'ai été effarée par les commentaires que j'ai pu lire sous cette petite vidéo :

Il n'y a pas de petite claque

Sous les habituels "Une fessée n'a jamais tué personne", "Mes parents me donnaient des gifles et je ne m'en porte pas plus mal", "heureusement que mes parents m'ont donné des corrections, sinon je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui", ou même "un coup de pied au cul n'a jamais fait de mal à personne", j'ai trouvé quelques remarques qui m'ont encore plus dérangée...

Qu'est-ce que tout ça m'inspire ? Je vais essayer de ne pas être trop brouillon...

Déjà, une fessée en soi n'a peut-être jamais tué personne (et encore, il faudrait vérifier)... Mais ce qu'elle suppose, c'est-à-dire qu'on peut frapper un enfant pour le "corriger", ça, oui... Il n'y a qu'à se renseigner pour connaître le nombre de décès d'enfants, qui arrivent après une claque, qui entraîne une fessée, qui entraîne un coup de pied, qui entraîne... oui, l'escalade de la violence... A partir du moment où on accepte la violence comme principe éducatif, qui va donc fixer les limites à ne pas dépasser ?

Dans certaines cultures, donner des coups de bâton à un enfant est tout-à-fait justifié. Dans d'autres endroits, on peut le pincer, ailleurs, on le gifle ou lui donne des fessées... D'autres utiliseront des fouets comme punition... Tout ça n'est que limites subjectives dictées par la société. Il n'y a RIEN là de naturel...

On en arrive donc à des commentaires du type de celui-ci : "je suis pour la fessée de 2 ans à 7-8 ans, puis c'est la gifle, et à partir de 12-13 ans, c'est un coup de poing dans la gueule"... J'ai relu le commentaire dans son entier (ceci n'est qu'un extrait) plusieurs fois, parce que je croyais que c'était ironique... Mais non, l'auteur reprend ses propos plusieurs fois dans la liste de commentaires, il est tout-à-fait sérieux !

C'est pourquoi l'escalade peut avoir lieu, sans qu'on s'en rende compte...

Alors oui, la fessée peut tuer...

Pour simple exemple, dans les pays scandinaves qui ont interdit les châtiments corporels, le nombre de décès des suites de violences éducatives est descendus à une petite poignée en 20 ans... contre 2 par jour en France, en 2012. Oui, 2 enfants par jour. En France. A notre époque. Comment soutenir encore que la fessée ne tue pas ?

Deuxième réflexion :

Toute cela met en avant une vision de l'enfant qui me dérange beaucoup. Il n'y a qu'à lire les nombreux commentaires : "les enfants sont de petits démons", "si on les laisse faire, ils deviendront des délinquants et des violeurs" (???????), "on doit frapper les gosses, sinon ils deviennent des voyous des et des sauvages", "les enfants cherchent à faire le mal, il faut leur remettre les idées en place vite fait pour les faire obéir".

Un enfant est donc mauvais en soi, pire, c'est l'incarnation du démon, et il faut le brimer, "lui remettre les idées en place", le faire rentrer dans le rang à force de violence physique.

Personne ne s'est donc posé la question de savoir si ce n'était pas cette vision des enfants qui les rendaient affreux ? Je me rappelle d'une citation (dont je ne me souviens plus l'auteur), que j'aime beaucoup et que je me répète régulièrement : "comporte-toi avec ton enfant comme s'il était déjà ce que tu voudrais qu'il soit". Ce qui veut dire par exemple que si on veut que notre enfant soit digne de confiance, il faut se comporter avec lui comme s'il l'était déjà. Alors si on se comporte avec lui comme s'il était un démon, n'est-ce pas le meilleur moyen pour qu'il s'en persuade et se conforme à notre vision de lui ? Dans ce cas, c'est vraiment très grave, et notre responsabilité est grande !

Ensuite, les commentaires qui reviennent beaucoup, c'est que les châtiments corporels permettent aux enfants de respecter les adultes et d'intégrer les règles. Je suis en complet désaccord avec cette maxime que les partisans des claques et des fessées répètent comme un mantra !

Faisons une petite transposition :

vous êtes au travail, assis devant votre station informatique, et vous vous prenez à lever les yeux de la comptabilité pour regarder par la fenêtre et observer les oiseaux. Votre patron, vous prenant à rêvasser, arrive près de vous et vous flanque une bonne claque en vous intimant de retourner à votre travail.

Quelle est donc le sentiment que vous ressentez ? Un immense et profond respect pour lui ? Ou plutôt beaucoup de peur accompagnée de colère ? Je suppose que c'est plutôt la seconde solution ! Et vous irez bien vite porter plainte pour atteinte à votre intégrité, non ?

Pareil pour les enfants : les châtiments corporels ne leur donnent que de la peur envers leurs parents. De la peur, de la colère, du ressentiment... Et pas le moindre respect.

Alors, oui, les enfants obéiront. Un temps. Jusqu'à ce que la tape sur la main ne fonctionne plus. Et qu'il faille passer à une tape sur les fesses. Puis, en grandissant, à une bonne gifle. Et enfin au fameux "coup de poing dans la gueule". Jusqu'au jour où l'enfant sera plus grand et plus fort que nous, et où nous ne pourrons plus rien faire. Alors ? Et à ce moment-là, quelle sera la solution ? Il n'y en aura plus aucune...

Ensuite, il y a une conséquence délétère à tout cela : l'enfant, qui ressent donc cette violence avec colère et peur, doit intérioriser tous ces sentiments négatifs, parce que le monde autour de lui considère cela comme normal.

Et l'enfant intègre petit-à-petit que la violence est le signe de l'amour. Puisque ses parents l'aiment, non ? Alors s'ils le frappent, c'est que l'amour est violent. CQFD. Quand sa petite amie regardera un peu trop longuement un autre garçon, ce sera normal qu'il lui flanque une trempe. Et quand elle sera maman, ce sera normal qu'à son tour, elle violente ses enfants... Et on aboutit à notre belle et bonne société, violente dans le moindre de ses recoins.

Comment d'ailleurs pouvons-nous nous indigner pour les femmes battues, pour les personnes âgées violentées dans les maisons de retraite, alors même que nous frappons nos enfants chaque jour, "par amour pour eux" ??????? Les enfants seraient-ils donc les seuls êtres humains à ne pas mériter d'être respectés ? Ou alors est-ce que les faibles, ceux qui ne peuvent pas se défendre, méritent d'être assujettis par la violence ? Quelle belle et encourageante vision de la société...

Enfin, la plupart des commentaires plus "modérés" disaient en substance que si on ne donnait ni claques ni fessées à un enfant, on en ferait un enfant-roi, impertinent, irrespectueux, sans aucune limite, capable des pires horreurs et qu'on ne pourra pas faire obéir.

Bon, j'admets que certains parents non violents sont certainement un peu dépassés, et ne savent pas que faire avec leurs enfants. Mais ce n'est pas le cas de la majorité des parents. La plupart des parents "maternants" que je connais essaient d'élever leurs enfants, dans le premier sens du terme. De les mener à une plus haute expression de leur humanité. D'en faire des êtres conscients de leur propre valeur, de leurs capacités, de leurs droits en tant qu'êtres humains, de leurs devoirs aussi. Des personnes interagissant avec les autres en prenant en compte leurs besoins et désirs. Des êtres humains qui pourront mettre en place une autre société, plus respectueuse, sereine et joyeuse.

Et comment cela est-il possible ?

Pas en laissant tout faire à nos enfants. Mais en mettant en place tout une série de stratégies, qui vont de l'écoute active, au respect des besoins essentiels, à la réflexion sur les règles établies (sont-elles vraiment utiles ? Pourquoi sont-elles si importantes pour moi ?), la participation à des listes de paroles de parents ou à des ateliers de communication, la mise en place de réunions familiales, que sais-je encore, la liste est longue !

Déjà, ne pas considérer les demandes de nos petits comme des caprices : les enfants ont avant tout des besoins, qu'il nous faut satisfaire. Ainsi, ils intégreront leur propre valeur : si on comble leurs besoins, c'est qu'ils le méritent, non ? Qu'ils le valent bien... Ensuite, quand ils grandissent, passer du temps à leur expliquer les conséquences de leurs actes. Et oui, un enfant même petit peut comprendre cela. Seulement, un petit ne garde pas longtemps ces connections en mémoire. Alors il va falloir répéter, répéter et répéter encore, sans se lasser, ni s'énerver. Puis il faudrait repenser nos règles : est-ce vraiment si important que les enfants se lèvent de table ? Ou ne finissent pas leur assiette ? Pour moi par exemple, cela n'est absolument pas indispensable. En revanche, le moment des repas étant des moments de partage en famille je demande à ce que les enfants restent près de nous, pour pouvoir continuer à discuter avec nous. Quelque chose qui est aussi très important pour moi sont les règles de politesse, que j'essaie d'inculquer à mes enfants (et là, pas de meilleur moyen que de donner l'exemple !). Mais cela peut être accessoire pour d'autres parents. En revanche, je n'obligerai jamais mon enfant à faire un bisou à quelqu'un, serait-ce la vieille ante chérie que je vois seulement une fois par an et à laquelle je voudrais tant faire plaisir... A chaque couple d'établir les règles à suivre dans la maison et au dehors... Pas trop de règles, des règles simples, et surtout des règles réfléchies, pas adoptées par tradition ! Et puis aussi, beaucoup beaucoup écouter. Et parler. Discuter, réfléchir ensemble, ne pas prendre les règles comme tracées dans le marbre, mais être ouvert aux arguments de nos enfants, être prêt à toujours se remettre en question. Ne pas avoir honte ou peur de chercher du soutien, de l'aide, auprès d'autres parents...

Donc oui, il existe des moyens, autres que les châtiments corporels, les punitions ou les récompenses, pour arriver à donner à nos enfants de véritables valeurs. Leur faire comprendre que si on prend un jouet des mains d'un enfant, ce n'est pas la meilleure façon d'être heureux tous ensemble. Ou que si se on coupe la parole les uns les autres, personne n'est respecté, et que toute conversation sera impossible. Que si on se sert la dernière part de gâteau sans demander aux autres leur avis, il y aura des rancunes et des tensions qui joueront sur l'ambiance générale...

Je crois fermement qu'alors, les enfants (et les adultes qu'ils deviendront) respecteront les règles de la société, non parce qu'ils auront peur d'être frappés, arrêtés, punis, taxés, emprisonnés, mais parce qu'ils en auront compris les raisons. Et qu'en eux, seront inscrites des valeurs qui me sont chères...

Alors c'est sûr que ce n'est pas facile de faire autrement. De se remettre en question, et de chercher à trouver d’autres solutions, d'acquérir d'autres réflexes. Et les résultats seront certainement plus longs à obtenir qu'avec une gifle ou une fessée.

Mais la société s'en portera beaucoup mieux, tout comme votre famille et chacun de vos enfants. Le jeu en vaut la chandelle, non ?

Commenter cet article

hunix 17/10/2015 14:06

n'importe quoi cet article, moi même j'ai reçu la fessée étant enfant, aujourd'hui j'ai 20 ans, et je n'en ai jamais voulut à mes parents, ni même je ne suis pas devenu délinquant, je pense que la fessée était une part d'éducation, pour ma part de 1995 à 2000. parlez de ce que vous connaissez, rien d'autres,

Petite Fée Coquelicot 17/10/2015 17:18

Hé oui, c'est bien ça qui est malheureux... Moi aussi j'ai reçu des fessées, et je n'en ai pas voulu non plus à mes parents... tout comme les enfants battus comme plâtre n'en veulent pas non plus à leurs parents et ne les dénoncent pas, parce qu'ils sont persuadés que c'est normal.
Ensuite, comprenez-moi bien : ce n'est pas parce que je dénonce la fessée et les autres châtiments corporels que je dénonce ceux qui les donnent comme des personnes mauvaises ou sadiques : je suis persuadée que la grande majorité des parents qui utilisent la fessée sont persuadés qu'elles sont éducatives et que cela va faire du bien aux enfants. Mais ce n'est pas parce que quelqu'un se trompe que cela justifie ses actes !
Une fois qu'on a compris les méfaits d'une pratique, il faut se remettre en question et chercher d'autres moyens...

what causes snoring 07/05/2014 14:42

Je pense que la discipline peut être exécutée sans recourir à la violence. J'étais terrifié de ma mère comme un enfant, non pas parce que jamais elle leva un doigt à moi, mais à cause de la crainte et respect que j'avais pour elle. Je ne pouvais pas suivre la ligne elle appliquée sur moi.

angelique 22/08/2013 15:37

J'ai lu un artcile sur un blog il y a un mois environ (un lien trouver sur "merci qui? merci montessori.", je crois.) et je me souviens avoir écris que je devais faire des efforts pour ne plus crier, ce qui m'arrivais souvent en fin de journée...
Et bien, je ne cris plus. Je ne me souviens pas quand je l'ai fais pour la dernière fois, ça doit donc faire un petit moment ;-)
Je suis ferme sur les choses avec lesquelles je pense qu'il ne faut pas transiger (sécurité, politesse, non-violence). Ferme et clair. Je le dis "je ne suis pas d'accord pour que tu fasses ça, c'est dangereux." " j'aimerais que tu me dises merci maintenant, je t'ai donner l'objet que tu demandais. ça serait plus sympathique pour maman.." (ma fille a 20 mois) "on ne tape pas, personne." Et ma fille comprend très bien pour le reste, ce qui n'est pas immuable...on voit!

J'ai toujours été effrayée par les gens qui pensent que leurs enfants leur veulent du mal et font des caprices pour les ennuyer...comme si ils étaient venus au monde pour les contrarier!

Des petits cris m'indiquent que la sieste est finie...merci pour votre article et à bientôt!

dametartine 02/07/2013 15:49

Ce qui me guide toujours dans l'éducation ou l'accompagnement de personnes :
Il faut savoir perdre du temps pour en gagner.
Prendre le temps de comprendre ce qui se passe et ne pas faire à la place.
Que de cris lorsqu'on "boutonne" le manteau à l'enfant sous prétexte d'aller plus vite ... et c'est là qu'on perd vraiment du temps, surtout lorsque le ton monte de part et d'autre.
L'enfant souhaite simplement faire comme nous. Alors plutôt que de faire à la place (violent) ou crier, voire taper (tout aussi violent), respirer , prendre sur soi et attendre que le manteau soit boutonné. Et là, le féliciter et tout repart dans d'excellentes conditions.

Flavia 02/07/2013 14:21

Bonjour, je suis très touchée par ce témoignage. Je vais le conseiller à toutes les personnes qui me posent le question : comment faire sans fessées? Le plus difficile dans l éducation non violente est de donner à ses enfants ce qu on n à pas reçu soi même! C est un défi au quotidien.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents