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Parentalité

Lundi 4 juin 2007
Vous vous rappelez certainement combien m'a mise en colère l'intervention du médecin lors de la visite médicale de ma fille, à l'école (pour ceux qui auraient raté l'épisode, c'est par ici).
Et un petit incident qui s'est produit aujourd'hui m'a fait rebondir sur ce que j'avais ressenti à ce moment-là.
Tout à l'heure, lorsque nous sortions de l'appartement pour aller à l'école, mes enfants et moi nous avons croisé dans la montée d'escaliers une dame que nous ne connaissons pas. Je lui ai dit bonjour, elle m'a répondu, puis après nous avoir dépassé, elle a marmoné dans sa barbe, mais assez fort pour que je l'entende : "encore des enfants mal élevés assez malpolis pour ne pas dire bonjour".
Ouh là.... Franchement, j'ai senti la moutarde me monter au nez, je me suis retournée et je lui ai répondu qu'au contraire c'étaient des enfants obéissants auxquels j'avais appris à ne pas parler aux inconnus.
Bref, là n'est pas la question. Mais je me suis interrogée par la suite sur ce qui m'avait à ce point touchée pour que je ressente une telle colère pour un si petit événement.
Et j'en suis tout simplement arrivée à la conclusion que je me sentais attaquée sur la façon dont j'élève (j'ai horreur de ce mot, mais bon) mes enfants.  Je me sens souvent attaquée en tant que mère (nous aspirons tous à être de "bons" parents), à cause des choix que je fais.

J'ai décidé d'être végétalienne, et ils le sont avec moi. J'ai décidé de ne plus avoir de télévision, et ils ne la regardent donc pas non plus. J'ai décidé de me défaire du surplus matériel (il y a encore du boulot...), et je ne leur achète donc pas tout ce qu'ils veulent, même si cela peut paraître austère à certaines personnes.
J'ai décidé de ne pas leur faire voir de films violents, d'éviter de leur montrer des images qui pourraient les choquer, mais plutôt de les abonner à un quotidien d'informations, qui traite de sujets d'actalité sur papier, ce qui nous permet de beaucoup parler de sujets parfois durs ou sensibles, mais sans qu'ils soient attaqués par toutes sortes d'images trop difficiles à voir.
J'ai décidé de les éduquer dans le respect de la vie, le respect de notre écosystème, et donc de leur faire acquérir un certain nombre de gestes que d'aucuns peuvent trouver inutiles ou dérisoires...

Pour autant, mes enfants sont loin d'être malheureux, et au contraire les maîtresses me disent qu'ils respirent la joie de vivre et sont toujours très doux avec leurs camarades de classe, contrairement à beaucoup d'enfants trop violents de nos jours.
Je suis donc tout à fait persuadée du bien fondé de mes "pratiques éducatives" (là encore, quel vilain mot).
Mais se sentir à tout bout de champ jaugé, jugé, mis au pilori... c'est usant à force.
L'ingérence dont font preuve de parfaits inconnus (vous savez, ces regards désapprobateurs, ces remarques anodines du genre "mais laissez-le donc pleurer, ça lui fera les poumons", ou "mais qu'elle lui achète, son jeu, qu"on n'en parle plus", ou toute la panoplie que vous avez certainement testée vous aussi), je trouve cela parfaitement détestable.
Et je comprend ceux qui renoncent à mettre en pratique ce à quoi leur coeur et leurs tripes les appellent, pour ne pas risquer d'être ainsi jugé...

Le regard de la société,parfois, ça fait mal. Allez, encore uine fois, bonne fête à toutes les mamans (sans jeu de mots, hein !)
Par Sïll o'naur
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Jeudi 14 juin 2007
Je ne sais pas vous, mais les copains de mes enfants mangent presque tous des bonbons tout le temps. Au goûter, il y a des bonbons. A la récré, il y a des bonbons. A la sortie de l'école, les parents attendent leur progéniture... avec des bonbons. Et lors de l'anniversaire de mon fils, la première chose qu'un de ses copains m'a dite en arrivant à la maison (juste après bonjour), c'était : "on peut manger les bonbons tout de suite ?"...
E bien moi, les bonbons, bof.
Et j'en ai eu un peu marre il y a quelque temps que mes enfants me demandent tout le temps s'ils pouvaient en avoir, eux aussi, des bonbons.
Pas que je les en prive totalement (j'avoue que je suis gourmande aussi !). J'achète de temps en temps des réglisses au Bioccop, qui sont faits sans gélatine animale. Et aussi quelques bonbons aux fleurs que j'achetais au Ballon d'Alsace lorsque j'habitais à Belfort.
Bref. Tout ça pour dire que je ne voulais pas me battre contre mes enfants et leurs envies. Du coup, nous avons d'un cimmun accord institué le jeudi "jour des sucreries".
Ce jour-là, on a le droit d'en manger autant qu"on veut. Mais les autres jours, c'est non.
Du coup, iols ne m'en demandent plus jamais, voient leurs copains en avoir sans en concevoir le moindre ombrage, et le jeudi matin, souvent ils se réveillent en se demandant mutuellement quel bonbon ils vont choisir dans la journée. A midi, je sors ma "boîte magique", et ils me demandent (c'est devenu rituel) : "combien on a le droit d'en prendre ?", question à laquelle je réponds tout aussi rituellement "mais autant que vous voulez, c'est jeudi, le jour des sucreries !".
Au début, je pensais franchement qu'ils s'en gaveraient  jusqu'à plus soif, mais passées les premières fois, je vous assure qu'ils n'en prennent que 4 ou 5, pas plus. Croyez-moi ou pas, ça simplifie la vie, ça évite les bagarres et les frustrations, et je suis certaine qu'en plus, ils en mangent moins que si je leur en donnais juste une fois de temps en temps et qu'ils se rattrapent sur ceux des copains !

Bisous sucrés
Par Sïll o'naur
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Mardi 26 juin 2007
Par Sïll o'naur
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Jeudi 6 septembre 2007
Eh oui, c'est une première en France : l'association Matern'Et Lait organise une grande manifestation  à la ferme pédagogique de l'Archelle en Seine-Maritime, pour mettre à l'honneur le maternage.

Au programme du week-end du 22 et 23 septembre :
le choix de l'accouchement,
la profession de consultante en lactation
,
l'importance du toucher pour les bébés (portage, massage),
l'éducation non-violente,
l'utilisation des couches lavables
,
les produits écologiques pour la maison et les pollutions cachées
,
l'agriculture biologique, etc…

Des tables rondes et des conférences seront mises en place. Des animations aussi diverses que des concerts de musique, des projections de films, des activités pour les enfants, ainsi que des ateliers d'initiation pour les parents seront proposés. Le programme détaillé sera communiqué dès la clôture des inscriptions.

Pour plus de renseignements et pour s'inscrire, c'est par ici !
Par Sïll o'naur
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Jeudi 13 septembre 2007
Au Darfour, des enfants meurent chaque jour.
Pour qui ?
Pour quoi ?

Et la commuanuté internationale ne fait rien. Personne ou presque ne s'émeut de cette situation. Parce que le Darfour, c'est loin ?

Quelques images pour que ces enfants nous paraissent plus réels : ils attendent notre aide.
Demain, il sera trop tard...

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Par Sïll o'naur
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Samedi 22 septembre 2007
Parce qu'il n'y a rien de plus beau qu'une maman qui allaite,
Parce que le lait maternel est le meilleur aliment qui existe pour bébé,
rendez-vous  au grand rassemblement, le 14 octobre, organisé par la Grande Têtée  dans le cadre de la semaine mondiale de l'allaitement maternel...


J'en profite aussi pour rappeler que l'OMS prône l'allaitement maternel exclusif durant les 6 premiers mois de la vie, et encourage sa poursuite jusqu'aux deux ans de l'enfant.
Vous trouverez sur leur site de nombreuses publications et plusieurs rapports allant dans ce sens.
Par Sïll o'naur
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Mardi 2 octobre 2007

Extrait du dossier "Quelques jalons d'histoire sur les punitions corporelles" rédigé par l'association Eduquer sans frapper

Les vertus éducatives des coups semblent avoir été appréciées de manières très diverses suivants les pays et les époques. Et si on voit cette violence de l'éducation diminuer indiscutablement au cours des siècles dans les pays développés, cela ne se fait qu'avec lenteur et irrégularité avec de périodiques retours en arrière.

De nombreuses études démontrent que les punitions corporelles sont inefficaces et nocives. Il est ainsi prouvé que les fessées sont inefficaces à l'école et que leur suppression n'augmente pas les mauvaises conduites. Un grand nombre d'études mettent en évidence des relations entre les comportements anti-sociaux des jeunes et les punitions corporelles infligées par leurs parents. Par exemple, le pourcentage des crimes commis est doublé chez les fils ayant reçu de fortes punitions corporelles de leur père. En France, une étude menée sur 300 personnes a mis en évidence une relation très forte entre la force, la durée et la fréquence des coups reçus en famille, et le nombre des accidents subis dans l'enfance et l'adolescence. La différence est déjà notable entre les "jamais battus" et ceux qui n'ont reçu que des coups "légers et rares". La gravité des accidents est aussi en relation avec l'importance des coups reçus, les plus souvent battus sont aussi les plus gravement malades. D'autres études prouvent la relation entre violences coprorelles et troubles du comportement. Nombreuses sont celles qui prouvent que les enfants les plus sévèrement punis par leurs parents sont les plus agressifs. Une étude a prouvé chez 933 mères d'enfants de 2 à 14 ans, que plus les punitions corporelles sont utilisées, plus les enfants s'engagent dans des conduites et des actes impulsifs. Chez 807 mères d'enfants de 6 à 9 ans, plus la fessée est utilisée pour corriger des conduites anti-sociales telles que mensonges, agressivité et vols, plus ces conduites sont élevées. D'autres études encore montrent en Suède et aux USA, qu'avoir reçu des fessées augmente le risque de dépression à l'adolescence et à l'âge adulte, et que plus les enfants sont punis, plus ils sont égoïstes et moins ils ont de considération pour les autres. Une étude menée en Suède, sur 10 pays européens, établit un parallèle entre l'approbation de la fessée par les parents (et les enseignants) et le taux d'homicides et d'infanticides. En étudiant les données existantes dans certains pays, on note que plus les sociétés sont despostiques et se maintiennent par la violence et plus les punitions corporelles sont fortes et utilisées à tous les niveaux. La durée et la nature des punitions données dans la famille, à l'école et par les instances judiciaires semblant toujours évoluer en parallèle. Enfin, il n'est qu'à lire Alice Miller et à examiner ses biographies de despotes dont la paranoïa meurtrière a endeuillé le XXème siècle : Hitler, Staline, Céaucescu, Mao Tse Toung pour comprendre la relation entre violence subie et violence donnée.

Les punitions corporelles sont nocives parce que :

  • elles donnent le mauvais exemple de la violence en disant que lorsqu'on est fâché, on doit frapper
  • elles brisent les autres modes relationnels qui fonctionnent sur la reconnaissance, l'estime de soi, le plaisir de faire plaisir, le plaisir de comprendre, celui de pouvoir évoluer et grandir
  • elles interdisent à l'enfant d'avouer des désirs irrationnels, que le châtiment ne change pas mais ensevelit et qui resurgiront plus tard
  • elle engendrent l'accumulation de colères et de frustrations qui risquent d'exploser ensuite dans des actes de délinquance
  • sur le plan physiologique, elles cassent les mécanismes automatiques naturels d'adaptation aux situations dangereuses que sont la fuite ou la protection de soi. Dans ce cas, l'enfant conditionné bloquera ses mécanismes de défense, se retrouvant en état d'inhibition, incapable de se protéger efficacement. La décharge de catécholamines déclenchée par l'inhibition est préjudiciable à certains organes et favorise la survenue de maladies psycho-somatiques.
  • lorsqu'elles sanctionnent une erreur, les punitions corporelles entraînent la peur chez l'enfant d'être frappé et par voie de conséquence, d'entreprendre une action difficile dans laquelle il risque d'échouer ou de se tromper. Ces apprentissages seront forcément plus limités.
  • elles n'enseignent à l'enfant qu'une seule chose : celui qui inflige la punition n'est pas content. Mais la vraie raison du mécontentement est souvent difficile à discerner par le punisseur lui-même, et l'enfant n'apprend pas qu'il doit réparer son erreur et comment le faire.

Certes, on enregistre une évolution notable des moeurs tant familales que scolaires ou judiciaires vers un adoucissement progressif. Mais certaines cultures manifestent encore un attachement bien plus fort que d'autres à des normes éducatives violentes. Ce sont les mêmes qui prônent l'asservissement de certains par d'autres, au sein de régimes totalitaires ou dictatoriaux qui maintiennent souvent un pouvoir discrétionnaire sur les femmes, les enfants et les employés.

Actuellement en France, selon une enquête Sofres de janvier 1999, seulement 12,5% des personnes interrogées ayant des enfants ne leur donnent jamais de coups, 33% en donnent rarement et 54,5% en donnent plus souvent. Les plus âgés et les moins diplômés des enquêtés ont été les plus battus dans leur enfance. Ce sont eux qui à leur tour utilisent plus fréquemment les châtiments physiques avec leurs enfants.
Pourtant, dans la masse d'ouvrages consacrés à l'éducation disponibles dans toutes les librairies, aucun auteur ne vante les bienfaits des punitions corporelles que 3 petits français sur 4 subissent régulièrement.

Nombreux sont les parents qui pensent donc encore que les enfants ont besoin de sentir au-dessus d'eux une "autorité" et qu'il est nécessaire de leur mettre des "limites". En effet les limites imposées à nos désirs par les contraintes de la vie en société, familiale ou plus élargie sont incontournables. Chaque famille va donc être confronté à l'obligation d'imposer des limites à ses enfants. Or dans la société adulte les coups sont interdits. Pourquoi donc apprendre à un enfant un mode de relation et de résolution de conflit que la société réprime et sanctionne ? Les limites que donnent les parents sont souvent leurs propres limites de tolérance aux cris des enfants, à leur refus de manger, à leur peur de s'endormir... Ces limites sont inscrites dans l'histoire personnelle des parents. Quand le parent frappe l'enfant, c'est qu'il est arrivé à un seuil de souffrance personnelle, souvent inconsciente, qui se traduit par de la colère et de la violence. Les seules limites dont les enfants ont besoin sont celles posées par un accompagnement sécurisant face aux frustrations inévitables de la vie. Toutes sortes de négociations non-violentes peuvent être engagées avec l'enfant pour l'amener à respecter nos limites et celles que lui poseront forcément ses congénères tout au long de sa vie. Autant l'entraîner dès l'enfance aux méthodes socialement acceptables et respectueuses de lui-même et des autres.
Par ailleurs, les parents jouissent automatiquement et pendant plusieurs années d'une autorité naturelle, de par leur taille physique et psychologique. Nul besoin de violence, des ordres précis et cohérents suffisent à édicter les règles de vie nécessaires. Montrer l'exemple à son enfant d'une écoute ouverte, de notre respect envers lui et envers les autres, de notre esprit de justice, de notre tolérance, de la cohérence de nos exigences, lui permettra de vite nous reconnaître comme un adulte fiable, et lui apprendra à repérer et reproduire les attitudes socialement positives. En manifestant de la violence, le parent montre en fait à l'enfant qu'il doute de son autorité puisqu'il a besoin de recourir à une force qu'il détient si facilement. L'enfant n'a pas besoin d'autorité, mais de pouvoir placer sa confiance en un adulte suffisamment juste et attentif.

En 1979, la Suède promulgua avec une grande longueur d'avance, une loi qui interdisait les châtiments corporels. Pourtant en 1965, cette position n'était tenue que par 53% des suédois, en 1995, 30 ans plus tard, 89% des suédois y étaient favorables (96% chez les moins de 35 ans). Depuis, en Suède, plus aucun enfant n'est mort des suites de violences familiales, le nombre de procès pour violence contre les enfants a diminué, de même que le nombre d'enfants enlevés à leurs parents sur intervention des services sociaux. Entre 1982 et 1995, les "mesures obligatoires" ont diminué de 46% et les "placements en foyer" de 26%.

Les années 2001-2010 ont été déclarées par l'ONU "Décennie pour une culture de la paix et de la non-violence pour les enfants du monde". A l'orée du troisième millénaire, accordons enfin aux enfants le droit au respect de leur personne. Eduquons-les sans violence, ni humiliation, pour rompre enfin le cercle vicieux de la violence, et pour nous donner les chances de voir un XXIème siècle moins meurtrier que celui qui vient de s'achever.

Par Sïll o'naur
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