Et un petit incident qui s'est produit aujourd'hui m'a fait rebondir sur ce que j'avais ressenti à ce moment-là.
Tout à l'heure, lorsque nous sortions de l'appartement pour aller à l'école, mes enfants et moi nous avons croisé dans la montée d'escaliers une dame que nous ne connaissons pas. Je lui ai dit bonjour, elle m'a répondu, puis après nous avoir dépassé, elle a marmoné dans sa barbe, mais assez fort pour que je l'entende : "encore des enfants mal élevés assez malpolis pour ne pas dire bonjour".
Ouh là.... Franchement, j'ai senti la moutarde me monter au nez, je me suis retournée et je lui ai répondu qu'au contraire c'étaient des enfants obéissants auxquels j'avais appris à ne pas parler aux inconnus.
Bref, là n'est pas la question. Mais je me suis interrogée par la suite sur ce qui m'avait à ce point touchée pour que je ressente une telle colère pour un si petit événement.
Et j'en suis tout simplement arrivée à la conclusion que je me sentais attaquée sur la façon dont j'élève (j'ai horreur de ce mot, mais bon) mes enfants. Je me sens souvent attaquée en tant que mère (nous aspirons tous à être de "bons" parents), à cause des choix que je fais.
J'ai décidé d'être végétalienne, et ils le sont avec moi. J'ai décidé de ne plus avoir de télévision, et ils ne la regardent donc pas non plus. J'ai décidé de me défaire du surplus matériel (il y a encore du boulot...), et je ne leur achète donc pas tout ce qu'ils veulent, même si cela peut paraître austère à certaines personnes.
J'ai décidé de ne pas leur faire voir de films violents, d'éviter de leur montrer des images qui pourraient les choquer, mais plutôt de les abonner à un quotidien d'informations, qui traite de sujets d'actalité sur papier, ce qui nous permet de beaucoup parler de sujets parfois durs ou sensibles, mais sans qu'ils soient attaqués par toutes sortes d'images trop difficiles à voir.
J'ai décidé de les éduquer dans le respect de la vie, le respect de notre écosystème, et donc de leur faire acquérir un certain nombre de gestes que d'aucuns peuvent trouver inutiles ou dérisoires...
Pour autant, mes enfants sont loin d'être malheureux, et au contraire les maîtresses me disent qu'ils respirent la joie de vivre et sont toujours très doux avec leurs camarades de classe, contrairement à beaucoup d'enfants trop violents de nos jours.
Je suis donc tout à fait persuadée du bien fondé de mes "pratiques éducatives" (là encore, quel vilain mot).
Mais se sentir à tout bout de champ jaugé, jugé, mis au pilori... c'est usant à force.
L'ingérence dont font preuve de parfaits inconnus (vous savez, ces regards désapprobateurs, ces remarques anodines du genre "mais laissez-le donc pleurer, ça lui fera les poumons", ou "mais qu'elle lui achète, son jeu, qu"on n'en parle plus", ou toute la panoplie que vous avez certainement testée vous aussi), je trouve cela parfaitement détestable.
Et je comprend ceux qui renoncent à mettre en pratique ce à quoi leur coeur et leurs tripes les appellent, pour ne pas risquer d'être ainsi jugé...
Le regard de la société,parfois, ça fait mal. Allez, encore uine fois, bonne fête à toutes les mamans (sans jeu de mots, hein !)









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