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Mon livre...

Petite Fée Coquelicot

...soyons le changement que nous voulons pour ce monde...


Parce que je crois qu'un autre monde est possible

première vue, on dirait un petit village andalou typique, avec ses oliviers, sa baraque à churros, sa terre rouge, ses maisons blanches et bien entretenues.En levant la tête, on peut entrevoir la différence de ce village : le clocher se dresse à deux pas de la calle Ernesto Che Guevara, entre l’avenida Libertad et la calle Salvador Allende. En direction du centre, une fresque proclame :“Guerra social contra el capital”. Sans les deux restaurants, la petite épicerie, le kiosque à journaux et la station-service, on se croirait en pleine enclave communiste, au cœur de l’Europe. Seul le droit à la propriété privée rattache Marinaleda au système capitaliste. “Nous faisons ce que nous pouvons, dans les limites de la Constitution espagnole”, dit en souriant Manuel Sánchez Gordillo, 54 ans, fils d’un électricien et d’une femme au foyer, diplômé d’histoire de l’université de Sévillle, barbe à la Fidel Castro et keffieh. Depuis trente et un ans, il est le maire de cette commune située à mi-chemin entre Cordoue et Séville.


Avec ses 2 700 habitants, Marinaleda est un condensé d’expérimentations égalitaires, la mise en œuvre à échelle réduite des principes anarcho-socialistes neutralisés par quarante ans de franquisme et revenus sur le devant de la scène depuis que la récession a mis l’Espagne à genoux. Pendant que le reste du pays paie les conséquences de la crise immobilière, avec un taux de chômage qui a atteint 20 %, à Marinaleda tout le monde travaille, grâce à un modèle unique en Europe fondé sur une économie à 90 % publique.

La majorité des habitants sont employés par une coopérative agricole où chacun reçoit le même salaire : 47 euros par jour, donc 1128 euros par mois. Ca peut paraître peu, mais le logement ne coûte presque rien. En effet, pour résoudre le problème du logement (“un droit et pas une marchandise”, tel est le leitmotiv du maire), le conseil municipal a lancé il y a quelques années un programme d’autoconstruction. La ville met à disposition un terrain, des matériaux, une pelleteuse, un projet d’architecte et deux maçons ; au citoyen de se retrousser les manches pour construire sa maison. “Il m’a fallu quatre cent dix jours, mais j’ai finalement quelque chose que je n’aurais jamais obtenu dans un autre village”, raconte Antonio Martínez, 40 ans, marié et père de deux enfants. Le résultat : un pavillon de 100 mètres carrés, avec un large patio et un double garage. Le prix ? Quinze euros par mois pendant cent trente-trois ans, le tiers du prix exigé dans les villages limitrophes pour une maison du même type.

 

A Marinaleda, il n'y a pas de problème de vandalisme, parce que chacun a participé à la construction : l'un a fait un banc, d'autres entretiennent les parcs, chacun aide à construire les espaces communs... Le fait que les budgets soient approuvés par tous aide aussi à  l'absence de délinquance.

La confiance de ses administrés, le maire la doit aussi à sa gestion de la mairie : avant d'accepter un mandat, chacun doit s'engager par contrat à être le dernier à percevoir un quelconque bénéfice.  Par exemple, si un terrain est alloué et qu'un élu a besoin d'une maison, il sera toujours le dernier sur la liste. Pour ce qui est de la rémunération, les élus ne touchent rien. 

Les critiques rappellent que tout cela serait impossible sans les fonds de la communauté autonome d’Andalousie et accusent le maire de nourrir l’utopie communiste avec l’argent du capitalisme. Il coupe court :“On profite du système, comme tout le monde.” A Marinaleda, il n’y a pas de police municipale et des assemblées publiques ont lieu chaque semaine sur la place du village. Le dimanche, les habitants travaillent gratuitement à l’entretien des rues et des parterres. Le Colectivo de Unidad de los Trabajadores (CUT, Collectif unitaire des travailleurs), le parti du maire, gouverne depuis 1979 : son programme politique prévoyait l’expropriation des 1 200 hectares de terres en friche du duc de l’Infantado (suivant le principe "la terre appartient à ceux qui la travaillent"), un objectif atteint en 1991 après de nombreuses luttes. Depuis, il y a du travail pour tous à la coopérative, qui produit des fèves, des poivrons et des choux-fleurs, récoltés par les hommes et mis en conserve à l’usine par une cinquantaine de femmes.

 

Alors, Marinaleda, un modèle à exporter ?

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chapapillon 17/02/2011 17:46



c'est bien vu. cela existe déjà un peu 



chapapillon 16/02/2011 20:44



oui mais c'est comme Rousseau... ça ne marche que dans de petites communautés. 2 700 habitants, pas 27 000... 



Petite Fée Coquelicot 17/02/2011 08:29



Et bien je suis certaine qu'on pourrait trouver d'autres façons de faire pour les communautés plus grandes !


Instaurer des conseils de quartier pour ramener les participants à un plus petit nombre, organiser des jardins collectifs sur les toits des immeubles, une gestion partagée des déchets, un partage
de l'habitat... Il suffit d'y croire, d'expérimenter, d'adapter... Le tout étant de ne pas être fataliste et de ne pas dire, justement, "ce n'est qu'utopie".



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