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Petite Fée Coquelicot

...soyons le changement que nous voulons pour ce monde...


Egalité ? Vous avez dit égalité ?

Catégories : #Parentalité

Voici un article écrit par Barbara Ellen, paru dans The Observer (Londres).

 

 

« On peut se demander si la ministre de la Justice française, Rachida Dati, s’était imaginé la volée de bois vert, presque exclusivement féminine, que lui a value le fait d’avoir crânement repris le travail en talons aiguille cinq jours à peine après avoir donné naissance par césarienne à son premier enfant, la petite Zohra. Ce qui lui a surtout été reproché, c’est que, en jouant la superwoman, en choisissant d’effectuer une démonstration de force quasi machiste, elle a porté atteinte au concept même de congé maternité pour toutes les femmes. Que, en voulant prouver que rien ne pouvait l’arrêter, elle n’a pas rendu service aux femmes, parce qu’elle donne l’impression que les autres sont faibles, qu’elles simulent, qu’elles sont des chiffes molles, elles qui insistent pour profiter entièrement de leur congé. Est-ce vraiment ce qu’on peut lui reprocher ? A mes yeux, Dati a incontestablement porté atteinte à la cause des femmes, mais pas à cause d’une quelconque démonstration de force. En réalité, en insistant simplement sur ce retour ridiculement prématuré, Dati a fait une démonstration magistrale de faiblesse féminine.

On peut aisément comprendre la colère des féministes vis-à-vis de la ministre, qui désormais, et pour longtemps, sera vue comme une sorte de Judas de la maternité. Un des aspects les plus crispants de toute cette affaire est qu’elle va apporter de l’eau au moulin sexiste de nos machos du monde du travail. En effet, elle conforte nos chefs d’entreprise dans leur conviction profonde que le congé maternité n’est qu’un coûteux inconvénient, un luxe politiquement correct, pour ne pas dire du « foutage de gueule ».

Même du point de vue logique, le comportement de la ministre est pathétique. Les femmes africaines ne font-elles pas pareil ? pourrait-on argumenter. Après tout, elles aussi accouchent et retournent immédiatement moissonner leurs champs de maïs, tenant leurs nouveaux-nés d’une main et la faux de l’autre. Désolée de rembarrer le parti misogyne, mais la réalité de ces pays en développement, où les soins postnatals sont limités, voire inexistants, se traduit surtout par un taux de mortalité effrayant des femmes et des nourrissons.

En Occident, où les individus rassasiés et geignards que nous sommes peuvent se vautrer dans des lits douillets et prendre des calmants, je n’ai certainement pas été la seule à tiquer à la vue de Rachida Dati dans son tailleur me-revoilà et ses escarpins ne-m’enterrez-pas-trop-vite. Toutes les femmes ayant eu à subir une césarienne savent qu’elle a probablement encore les agrafes à sa cicatrice, qui doit encore saigner, et que sa montée de lait a dû commencer, autrement dit qu’elle a la poitrine à vif.

Est-il vraiment réducteur de se dire qu’elle serait mieux chez elle avec sa petite Zohra au lieu de lui adresser son amour maternel par fax ? Certains pensent que non. Mais tout cela n’a rien à voir avec la raison profonde qui a ainsi poussé Rachida à trahir la cause des femmes. En réalité, loin d’être un exemple de dynamisme, ce comportement n’est que le reflet de sa peur, de son manque de confiance en elle.

Le fait est que Dati a été trop prudente ou, si l’on veut être méchant, trop lâche pour prendre le congé auquel elle avait droit. Et, si certains peuvent arguer qu’il s’agit d’un choix personnel, il n’en reste pas moins décevant. Tout comme il est important de conquérir des droits, comme le congé de maternité, il est capital pour les femmes d’avoir le courage d’en user. Si elle faisait vraiment preuve de caractère, Rachida Dati aurait profité de chaque seconde du temps qui lui était accordé. Exactement comme l’aurait fait un homme.

IL est donc étrange de prétendre que Dati « se comporte comme un homme ». Si l’on excepte le comportement caricatural de quelques machistes de la City, le sien n’a rien de masculin. Il suffit de voir les inégalités de salaires pour comprendre que les hommes connaissent généralement leurs droits et leur valeur. Ce n’est pas en jouant les superwomen que Rachida Dati fait du tort aux femmes, c’est, au contraire, en se comportant comme une mauviette. »

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chapapillon 18/02/2009 11:48

L'article est violent, mais réaliste. Et en tant que maman qui a accouché par césarienne, je sais que même si tout semble bien se passer dans les semaines qui suivent, il peut y avoir ensuite un violent retour de bâton ! Avec au mieux une cicatrice toute moche. J'en ai trop fait pour mon premier, je me la coule bien plus douce pour ma deuxième (malgré la présence et les exigences du premier) et je ne m'en remets que mieux. De plus, je ne sais pas comment elle peut allaiter plus d'un mois après son accouchement, si sa petite n'est pas en permanence à ses côtés pour la stimuler. sMais nous savons que tatsistiquement, la chute du nombre de maman qui allaitent entre la sortie de maternité et le mois suivant est énorme et ... accepté comme une norme. Enfin, je suis d'accord avec le fond de l'article qui démontre que la femme n'a pas le choix vraiment. Est-ce que le congé parental est "un énorme gachis", comme le dit note président ? Oui, parce que les hommes dans les entreprises ne pardonnent pas aux femmes de s'être dédié au bonheur d'être humain en devenir et les pénalisent quand elles reprennent leur poste. Je reprends le travail le 10 mars à reculons ! Après trois mois et demi de "repos".

Petite Fée Coquelicot 18/02/2009 18:53





Eh oui, j'ai subi tout ça dans mon emploi (plutôt machiste), de plein fouet, lors de ma première grossesse : collègues qui ont subitement arrêté de me dire bonjour, qui m'évitaient, qui changeaient
de comportement avec moi... J'étais du jour au lendemain devenue la "fille qui s'était fait engrosser pour moins travailler" (véridique ! ! ! ).
Et après mon retour de congé maternité, je me demandais vraiment ce que je faisais là !
N'ayant qu'un seul salaire, j'ai du continuer à travailler, mais j'aurais tellement souhaité pouvoir m'arrêter au moins partiellement pour m'occuper mieux de mes enfants...

Ah, quand les pouvoirs publics comprendront qu'une maman qui peut à loisir s'occuper de ses enfants est plus utile à la France qu'en passant 8 heures par jours au bureau... Après tout, les citoyens
responsables et équilibrés de demain, qui les élèvera ?
Les femmes qui travaillent à temps complet, qui rentrent fatiguées de leur journée de travail et sont trop éreintées pour faire plus que le minimum pour leurs enfants ?
Moi qui ai vécu un rythme de travail très soutenu plusieurs années après avoir eu mes enfants, j'en doute...


.


enro 16/02/2009 13:40

Entièrement d'accord avec ce texte et avec beaucoup d'autres textes de ce blog !Ca fait très plaisir de voir que l'on n'est seule dans ce mode de pensée@ bientôtenro

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