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Petite Fée Coquelicot

...soyons le changement que nous voulons pour ce monde...


La césarienne, ou comment soumettre le corps des femmes

Catégories : #Parentalité, #Accouchement, #Césarienne

La césarienne est l’exemple par excellence d’une technique médicale conçue au départ dans l’intérêt des mères et des bébés, et qui s’est aujourd’hui transformée en une arme de domination sur le corps des femmes.

Jusqu’à la seconde guerre mondiale, les médecins pouvaient poser la terrifiante question « faut-il sauver la femme ou l’enfant ? » lorsque l’issue d’un accouchement s’avérait fatale. Selon la réponse formulée, soit le fœtus était découpé et retiré en morceaux de l’utérus, soit le ventre de la femme était ouvert pour en extraire le bébé, ce qui se soldait généralement par le décès de celle-ci suite aux infections consécutives à l’opération. La découverte de la pénicilline va marquer le coup d’envoi d’une amélioration considérable de cette intervention. Dès l’après-guerre, l’utilisation des antibiotiques, les progrès liés à la transfusion sanguine et l’optimisation des techniques d’anesthésie vont propulser la césarienne parmi les traitements chirurgicaux presque banals.

Même si la césarienne est aujourd’hui une opération relativement sûre, elle n’est pas totalement exempte de dangers. En effet, elle multiplie par trois le risque de décès par rapport à un accouchement par voie vaginale, et augmente les probabilités de stérilité et d’accident pour l’avenir. Elle peut aussi entraîner des hématomes, des infections urinaires, des phlébites et des dommages aux organes et tissus avoisinants. Dans de rares cas, de graves hémorragies, des défauts de cicatrisation et des infections sévères nécessitent une réopération. De façon plus sournoise, bon nombre de femmes doivent faire face à des séquelles psychologiques, tel qu’un sentiment d’échec, le deuil d’un accouchement idéal, la perte de confiance dans les capacités de leur corps, voire une dépression comme c’est souvent le cas pour les autres opérations. Les jours qui suivent la naissance apportent leur lot de traumatismes supplémentaires puisqu’en plus de subir la douleur et les suites opératoires, les jeunes mères sont confinées dans une impuissance et une dépendance envers leur entourage au moment-même où l’arrivée d’un nouveau-né exige un réajustement complet de l’organisation de vie. Elles doivent endurer l’humiliation de demander de l’aide pour leur besoins les plus élémentaires et, comble de la situation, se trouvent dans l’incapacité de prendre seule leur bébé dans les bras et d’assurer librement les premiers maternages. Tout cela sur fond d’ambivalence des femmes à l’égard de leur cicatrice qui marquera leur ventre pour le reste de leur vie.

Au vu de ces conséquences, la prudence voudrait que la césarienne ne soit réservée qu’aux situations pathologiques et aux cas où la vie et la santé de la femme ou du bébé sont réellement en danger. Malheureusement, ces trente dernières années sont marquées par une explosion de ce mode d’accouchement. Aujourd’hui en France et en Belgique, 20% des femmes accouchent de cette façon, alors que l’Organisation mondiale pour la Santé estime qu’un taux de césarienne dépassant 15% signifie non seulement que des césariennes non médicalement justifiées sont pratiquées, mais que ce pourcentage important a un impact délétère sur la santé des femmes. Une étude de 2014 portant sur 19 pays occidentaux aboutit même à la conclusion qu’au delà de 10% de césariennes, aucune amélioration n’est démontrée sur le niveau de mortalité néonatale. En d’autres termes, une césarienne sur deux est inutile.

Si le ratio bénéfices/risques de cette technique n’est pas évident pour les femmes en bonne santé, ses avantages sont néanmoins limpides pour les médecins.

Tout d’abord bon nombre d’obstétriciens, qui sont des chirurgiens n’ayant pour la plupart jamais vu le moindre accouchement naturel, ont un penchant plus marqué pour le maniement du bistouri que pour le soutien émotionnel d’une parturiente pendant de longues heures de travail.

De plus, des situations d’accouchement plus délicates, par exemple une naissance par le siège, ne font tout simplement plus partie de leur cursus académique, tant la césarienne est présentée comme la panacée, au détriment de la liberté de choix des femmes quant à la façon de mettre au monde leur enfant. Des médecins la pratiquent donc parce qu’ils ne savent pas faire autrement, et contribuent par la perpétuation de cette ignorance à la perte au fil du temps d’un savoir qui pourtant existe.

Cette opération est en outre très avantageuse à la fois sur le plan financier et en termes d’organisation du service. Alors qu’un accouchement par voie vaginale rapporte entre 3000 et 4000 euros à l’institution hospitalière, une césarienne permet généralement d’encaisser plus de 5000 euros. Cet intérêt économique est d’autant plus maximisé qu’une césarienne rentabilise pendant une demi-heure une salle d’opération avec obstétricien, anesthésiste, pédiatre et infirmière, de façon généralement planifiée, là où un accouchement par voie basse mobilise des heures durant une salle qu’il faut gérer en tenant compte de femmes ayant la désinvolture de débarquer à tout moment et de faire naître leur enfant y compris la nuit, le weekend et les jours fériés.

Enfin, certains gynécologues ont la césarienne facile en invoquant les risques médico-légaux. En extrayant chirurgicalement le bébé d’un utérus, ils peuvent démontrer qu’ils ont tout fait pour sauver la mère et l’enfant et éviter d’éventuelles poursuites judiciaires. En d’autres termes, ils se protègent de ces femmes dangereuses en balafrant leur ventre à titre préventif.

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Sabrina 24/02/2016 15:08

Comment et à qui s'en plaindre .?
j'ai le sentiment profond que j'ai eu une césarienne de confort financier il y à deux ans mon enfant c'est retourné apres avoir perdu les eaux (1 mois avant le terme) et ils n'ont même pas essayé de le remettre me disant que j'avais perdu trop d'eau alors q'il y avais à peine un verre d'eau..... depuis je me sent fragile et je maigri à vu d'oeil.....

Petite Fée Coquelicot 24/02/2016 17:23

Vous pouvez toujours demander votre dossier médical à l'hôpital, ils sont obligés de vous le faire parvenir. Peut-être que le lire vous aidera ? Vous pouvez aussi le montrer à un médecin en lequel vous avez confiance, et qui vous dira ce qu'il en pense...
Ensuite, il existe des associations de défense des patients, peut-être pouvez-vous vous rapprocher de celle qui existe dans votre région ?

Et surtout : se pardonner à soi-même, réussir à pardonner au personnel soignant, éventuellement faire des démarches en ce sens, et si c'est nécessaire pour se reconstruire, chercher la justice (ce qui n'est pas contradictoire avec le pardon !)...

Je vous souhaite un bon chemin...

Anne-Marie 21/04/2015 11:10

A une certaine époque, peut-être. Mais se laisser encore abuser de la sorte aujourd'hui ! Quand les femmes vont-elles enfin reprendre leur vie en mains. Sinon, pas la peine de venir se plaindre.

Petite Fée Coquelicot 21/04/2015 14:00

Eh bien la plupart ne s'en plaignent pas, à vrai dire... La plupart des femmes sont convaincues que sans ces interventions, elles ou leur bébé ne seraient plus là !

Anne-Marie 20/04/2015 17:25

Mais pourquoi les femmes se laissent-elles faire ?

Petite Fée Coquelicot 20/04/2015 21:54

Parce qu'on ne cesse, depuis leur naissance, de leur raconter des histoires horribles d'accouchement, et que les médecins et leur toute-puissance entretiennent cette peur de l'accouchement... Les femmes ont peur de leur corps, n'ont aucune confiance dans leurs capacités... Alors elles se laissent faire par le tout-puissant corps médical, qui prétend les délivrer de leur incapacité et de leur corps si faible et si peu fiable...

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