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Petite Fée Coquelicot

...soyons le changement que nous voulons pour ce monde...


Les protocoles hospitaliers (7/16) : la position allongée obligatoire pendant le travail et / ou l'expulsion

Catégories : #Accouchement, #Naissance libre, #Parentalité

La position lithotomique (ou position en décubitus dorsal) est toujours malheureusement souvent imposée aux parturientes, malgré quelques progrès dans certaines maternités et hôpitaux...

Attention, on attaque là un trèèèèèèès gros morceaux de la physiologie de l'accouchement !!!

  • Raison :
    plus pratique pour les soignants
Les protocoles hospitaliers (7/16) : la position allongée obligatoire pendant le travail et / ou l'expulsion
  • Physiologiquement parlant :
    • « Faire son travail allongé sur le dos – soit à plat, soit en position gynécologique – referme littéralement le pelvis, enfonçant l’os pointu situé à l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale dans le crâne du fœtus. Quels que soient les bénéfices pour l’accoucheur, assurément, cette position lithotomique classique inverse complètement les bénéfices de la gravité de telle façon que le corps de la mère se retrouve à pousser le bébé sans l’aide de la gravité et, même, contre celle-ci. » (Morgan, 2003)
      « A part la pendaison par les pieds, la position allongée sur le dos est la pire qu’on puisse imaginer pour le travail et l’expulsion. » (Dr Roberto Caldeyro-Barcia, 1975)
    • Selon le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français : « la médicalisation de l’accouchement s’est accompagnée de l’adoption de la position horizontale lors de l’expulsion fœtale. […] La position horizontale associe différentes composantes qui expliquent un manque de confort et une progression plus lente du travail. La compression aorto-cave peut également favoriser la souffrance fœtale et l’hémorragie per partum. Parmi les positions verticales, la position accroupie favorise au mieux la progression fœtale. L’analyse de la littérature récente (méta-analyses de Venditelli) recense 19 essais randomisés comparant position horizontale et autres positions. Elle montre [pour les positions autres que horizontales] un taux plus faible de souffrances fœtales, de dépressions néo-natales, de déchirures du périnée, une tendance la baisse des extractions instrumentales […]. Il paraît possible de conseiller largement les positions verticales lors de l’expulsion. »
    • La plupart des femmes en travail ont besoin de pouvoir se mouvoir pour changer très régulièrement de position. En début de travail, le mouvement facilite la dilatation du col de l’utérus et aide au positionnement le plus favorable du bébé pour son passage dans le vagin.
    • Sheila Kitzinger cite l’étude de Diaz et al. montrant que pour les femmes autorisées à marcher durant le travail, celui-ci était plus court de 25% (34% pour les primipares) et nécessitait moins le recours aux antalgiques, tandis que le rythme cardiaque du bébé était plus régulier que pour les femmes qu’on forçait à rester dans un lit.
    • Michel Odent rapporte que sur le millier de naissances ayant eu lieu chaque année dans son hôpital de Pithiviers, deux femmes seulement en moyenne choisissent de donner naissance allongées.
    • Dans cette position, les lésions graves du périnée sont plus importantes : chez les femmes qui ont accouché sans épisiotomie et sans étriers, les lésions profondes du périnée ont une incidence de 0,9%. Chez les femmes qui ont subi une épisiotomie et qui ont accouché dans la position lithotomique, pieds dans les étriers, les lésions profondes du périnée ont une occurrence de 27,9 % des cas.
    • Certaines complications de l’accouchement, qui induisent à l’hôpital des manipulations entraînant des dommages corporels pour la mère et le bébé, des extractions instrumentales ou des interventions chirurgicales, sont résolues par le simple fait d’adopter une position adaptée. Ainsi, Eta Willis, sage-femme au Belize, a appris des sages-femmes indigènes une technique pour résoudre les cas de dystocie des épaules. Cette complication résulte du blocage des épaules dans la cavité pelvienne maternelle une fois la tête du bébé déjà sortie. Quel est ce secret ? « Il faut que la mère se mette à quatre pattes. Ca marche toujours ! » lui ont-elle appris. Etta Willis, après avoir essayé cette technique sur des dizaines de naissances présentant cette complication, explique qu’elle est de loin supérieure à toutes les manœuvres qu’on lui a apprises lors de ses études de sage-femme. Cela a toujours fonctionné sans jamais causer de dommages corporels à la mère. Souvent, le bébé sort alors rapidement et facilement. Dans les cas plus sérieux, elle couple cette position de la mère avec une petite manœuvre : insérer deux doigts sous l’aisselle du bébé pour le tirer dehors ou pour localiser l’une de ses mains, l’attraper puis tirer le bébé par le bras pour entraîner le reste du corps. A partir du moment où elle a utilisé cette technique de positionnement à quatre pattes, aucun dommage physique n’a plus été infligé à aucun bébé présentant une dystocie des épaules !
      Plutôt encourageant, non ? Pour conclure, le récit de naissance de Mariahna Margaret, par sa maman Carol Nelson, sage-femme à The Farm :
« Mariahna Margaret était mon quatrième enfant. Le jour de mon terme, je suis allée me promener, j’ai fait une virée en ville (avec les incontournables cahots de la route qui mène à The Farm) et je suis encore retournée me promener. J’ai commencé à avoir des contractions régulières peu après la deuxième balade. Après avoir donné le bain aux enfants et les avoir bordés dans leur lit, je me suis allongée et j’ai pensé que j’étais partie pour accoucher, mas qu’il ne serait certainement pas mauvais de dormir un peu. Je n’ai pas tardé à m’assoupir et j’ai dormi profondément pendant environ quarante-cinq minutes avant d’être réveillée par la rupture de la poche des eaux inondant tout le lit. Je me sentais très reposée et bien prête, à ce stade. En l’espace de 15 minutes, mes contractions ont commencé à être très rapprochées. Judith, notre chère amie et assistante sage-femme, est arrivée et m’a examinée. J’étais à quatre centimètres de dilatation. SUPER ! Ca y est ! Toutes les inquiétudes que j’avais eues pendant la grossesse s’étaient envolées à ce stade et les contractions étaient si fortes qu’il fallait que je reste bien centrée pour les accueillir l’une après l’autre. Je n’avas tout simplement pas le temps de m’inquiéter.
Je savais que c’était un gros bébé – au moins aussi gros que notre Sally Kate qui pesait 4,5 kg à sa naissance. Mon travail a été rapide et puissant, d'une durée de deux heures et demie en tout. Je sentais qu’il allait falloir que je m’ouvre plus que jamais. Je pense que le fait d’avoir perdu les eaux rend les contractions plus fortes aussi, car la tête du bébé appuie directement sur le col au lieu d’être amortie par un coussinet d’eau.
J’ai fait tout ce que j’ai pu pour stimuler le travail, même s’il était déjà très intense. Don et moi nous sommes assis en tailleur l’un en face de l’autre, les mains dans les mains et les yeux dans les yeux pendant les contractions. On se fondait l’un dans l’autre et on riait. Il m’a communiqué une grande force et nos rires m’ont aidée à me détendre. Finalement, j’en suis arrivée à un point où je ne pouvais plus rester assise alors nous nous sommes allongés, câlinés et embrassés. Le travail a pris une tournure très sensuelle et érotique. Ces sensations l’ont rendu plus facile à supporter et je sentais que je m’ouvrais. Don et moi nous ambrassions et cela m’a aidée à passer le stade des contractions fortes de la transition. Il n’a pas fallu longtemps pour que je me mette à faire des plaintes gutturales et graves et que je ressente le besoin impérieux de pousser.
Mary, ma sage-femme, m’a examinée, toujours en prenant soin d’être douce et discrète. Elle a constaté que j’étais presque à dilatation complète. Il restait seulement un bourrelet de col antérieur sur la tête du bébé. J’ai encore eu quelques contractions et j’ai commencé à trouver difficile de tenir le coup. J’avais vraiment envie de pousser. Mary et les autres sages-femmes me massaient profondément les cuisses et les mollets, ce qui était divin et m’aidait vraiment à me détendre. Mary m’a encore examinée et a trouvé qu’il restait encore un petit bourrelet de col. Pourtant, elle m’a dit que je pouvais y aller, que je pouvais pousser lentement et qu’avec ses doigts, elle allait essayer de repousser le bourrelet de col par-dessus la tête du bébé. Et ça a marché. Je suis arrivée à dilatation complète, vraiment prête à pousser. Le bébé est descendu rapidement, en l’espace de deux ou trois contractions. Je l’ai sentie glisser à travers le col et le bassin, la tête la première dans le canal de naissance. Quel sentiment intense et satisfaisant à la fois. Elle a commencé à apparaître à la vulve. J’essayais d’y aller en douceur sachant que c’était important si je ne voulais pas me déchirer. Mary me donnait des instructions pour m’indiquer quand et avec quelle force pousser. Quand la tête du bébé a été à moitié sortie, c’était tellement intense que j’ai de nouveau commencé à me demander si j’allais réussir à tenir le coup. A ce stade, Mary m’a fait état de la progression et m’a dit que le plus dur était en train de se passer et qu’à la contraction suivante, la tête du bébé serait certainement sortie tout entière. C’était si bon d’être réconfortée de la sorte. J’ai tellement apprécié Mary pour sa compassion à mon égard, sa façon de sentir exactement quelles étaient mes sensations et es émotions. Je le suis dit : « OK, je peux le faire, pas de problème. » A la poussée suivante, sa belle grosse tête est sortie – sacré soulagement ! Mary m’a examinée et m’a dit qu’il n’y avait pas de tour de cordon. A ce stade, mes contractions avaient ralenti. J’ai encore poussé une ou deux fois, mais les contractions avaient perdu de leur puissance et il est devenu de plus en plus évident que ce bébé n’allait pas sortir davantage. Ses épaules étaient coincées.
Le temps s’est arrêté. L’atemporalité vous laisse l’opportunité d’observer clairement à quel point la frontière entre la naissance, la vie et la mort est mince si les bonnes décisions ne sont pas prises rapidement. Les secondes passaient. J’ai encore essayé de pousser et j’ai replié mes jambes un peu plus en arrière. J’ai levé une jambe en l’air pour la faire passer par-dessus l’autre ; et, un peu allongée sur le flanc, j’ai essayé de pousser, mais sans succès. La tête du bébé a commencé à perdre ses couleurs. Les mains de Mary étaient occupées et on essayait différentes choses. Je continuais de pousser, mais je n’arrivais pas à faire bouger le bébé. Les secondes défilaient. Je voyais la tête du bébé bleuir de plus en plus. Nous savions tous que l’heure était grave et qu’il fallait trouver une solution rapidement.
Diane, une autre sage-femme, a suggéré que je me mette à quatre pattes. Mary a demandé à Don de m’y aider. Quand Diane a fait cette suggestion, ma première pensée a été : « Elle plaisante, j’imagine. Jamais je ne pourrai bouger ! » Puis la gravité de la situation m’est revenue à l’esprit et je me suis dépêchée de bouger, avec l’aide de Don. Tout le monde s’est activé. En quelques secondes, j’avais réussi à changer de position et je poussais de nouveau. J’ai immédiatement senti un progrès. La pesanteur aidait et je sentais que j’avais beaucoup plus de force et d’appui pour pousser. Je priais aussi à ce stade. Je savais que nous avions besoin d’aide pour faire sortir cette petite grassouillette. J’ai encore poussé et pfiou ! Elle est sortie ! J’ai eu le sentiment que me mettre à quatre pattes lui avait sauvé la vie.
Je me suis retournée et je l’ai prise sur mon ventre. Elle était si mignonne, si belle, si alerte, intelligente et grasse ! C’était tellement bon de la voir dehors, forte et en bonne santé. La balance qu’on avait n’allait que jusqu’à 4,5 kg, et elle les dépassait ! Elle devait peser au moins 4,8 kg…
Je suis heureuse d’avoir été à la maison, entourée de sages-femmes expérimentées qui ont su quoi faire dans cette situation d’urgence. Je n’ai eu ni déchirure ni épisiotomie, ce qui est extra. Quand sa tête était au couronnement, Mary a massé mon périnée avec de l’huile pour bébé tiédie. J’ai vraiment essayé de rester détendue pendant que sa tête sortait et tout ce qui a suivi.
Notre équipe  de reporters a fait un superbe petit film de la naissance. Il montre clairement comment changer de position et se mettre à quatre pattes en cas de dystocie des épaules. Il montre que c’est facile, et que ça marche vraiment ! »
Les protocoles hospitaliers (7/16) : la position allongée obligatoire pendant le travail et / ou l'expulsion
  • Dans les cas où la tête du bébé descend jusqu’à un certain point, puis ne descend plus, la solution habituelle consisterait à aller chercher et extraire le bébé à la ventouse ou aux forceps. Mais on peut utiliser avec une grande efficacité la technique de la presse pelvienne, qui consiste à exercer une pression latérale sur le haut des hanches (les crêtes iliaques) pendant la poussée, la mère étant debout. La compression latérale des crêtes iliaques a pour effet de rapprocher le haut des hanches et d’en écarter le bas, libérant le passage pour la tête du bébé.
    Cette technique s’avéra suffisamment efficace pour rendre possible la naissance (assistée par Ina May Gaskin) d’un bébé qui arrivait dans l’une des pires présentations qui soient : la présentation par le front. Celle-ci nécessite presque toujours une césarienne, à moins d’avoir recours à la technique de la presse pelvienne. Pourtant, ce bébé naquit sans césarienne, sans instruments, sans qu’il soit besoin de réaliser une épisiotomie, et sans que le moindre dommage soit causé au périnée de sa mère !
    Je me permets de publier ici la photo du livre d’Ina May Gaskin illustrant cette technique, puisque je n’en ai trouvé aucune mention autre part, malgré de longues recherches…
Les protocoles hospitaliers (7/16) : la position allongée obligatoire pendant le travail et / ou l'expulsion

Quelques positions traditionnelles d’accouchement :

Les protocoles hospitaliers (7/16) : la position allongée obligatoire pendant le travail et / ou l'expulsionLes protocoles hospitaliers (7/16) : la position allongée obligatoire pendant le travail et / ou l'expulsion
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Les protocoles hospitaliers (7/16) : la position allongée obligatoire pendant le travail et / ou l'expulsion

Vous voilà maintenant informées... Et si vous devez accoucher en maternité, il est temps de discuter avec l'équipe pour négocier de pouvoir bouger librement durant le travail, et de pouvoir adopter la position qui vous semblera la plus appropriée et la plus confortable pour l'arrivée de votre bébé !

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