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Petite Fée Coquelicot

...soyons le changement que nous voulons pour ce monde...


Les protocoles hospitaliers (10/16) : l'injonction de pousser

Catégories : #Accouchement, #Naissance libre, #Parentalité

  • Raison de la poussée dirigée :
    jusque dans les années 1920, les femmes ne recevaient aucune injonction de pousser pendant la seconde phase du travail (comprise entre la dilatation complète du col et la naissance du bébé).
    Autour de 1920, les médecins ont décidé que cette phase était dangereuse pour le bébé. Ils espéraient que la poussée active permettrait aux femmes de faire sortir le bébé plus rapidement. Les femmes ont donc été exhortées à pousser dès le début du travail !
Les protocoles hospitaliers (10/16) : l'injonction de pousser
  • Physiologiquement parlant :
    • Dans les années 80, on a démontré que la seconde phase du travail n’était pas dangereuse pour le bébé, mais qu’au contraire elle stimule ses système digestif, éliminatoire et respiratoire.
    • Pousser à ce moment peut, en fait, être dangereux autant pour la mère que pour le bébé. Pendant qu’elle pousse, une femme retient son souffle. Pendant ce temps, son utérus n’est pas alimenté en oxygène, ce qui rend les contractions plus difficiles et douloureuses. L’oxygène se trouve également restreint pour le bébé, ce qui peut conduire à une chute du rythme cardiaque fœtal et à d’éventuels dommages cérébraux.
    • Pousser ne fait pas forcément sortir bébé plus rapidement !
    • La poussée volontaire court-circuite la poussée involontaire (réflexe d’éjection du fœtus). Elle est épuisante pour la femme et son action néfaste est aggravée par les positions anti-physiologiques qu’on fait adopter à la femme (décubitus dorsal) : bébé est poussé vers le bas, vers le sacrum, alors qu'il doit sortir vers le haut ! En mettant les pieds dans les étriers et en tirant, la femme rapproche son tronc du bassin, et pousse donc ses fesses vers l'avant. Ce faisant, elle repousse les fesses de son bébé, ce qui crée un angle entre sa tête et son corps : c'est douloureux, et cela empêche une sortie paisible...
    • Lors du "inspirez-bloquez-poussez", la parturiente pousse le bébé avec l'air dont elle a rempli ses poumons, et en même temps, pousse sur sa vessie et sur son utérus, et son périnée se contracte : cela devient des obstacle supplémentaires à franchir pour le bébé...
    • La poussée volontaire diminue les chances de conserver un périnée (c'est la même chose pour la vessie d'ailleurs) intact : la pression exercée sur lui est plus forte, plus brutale. Par ailleurs, le périnée, pour s’ouvrir, a besoin qu’on se laisse aller : c’est en se détendant et en remontant que le périnée s’ouvre, pas en se contractant. Or, la poussée volontaire risque d’interférer avec le processus d’ouverture du périnée, provoquant des déchirures graves plus fréquentes.
Les protocoles hospitaliers (10/16) : l'injonction de pousser
  • A la maison :
    • La poussée est un acte réflexe, involontaire. Lorsqu’on laisse un accouchement se dérouler normalement, sans intervenir, il arrive un moment où ma femme a envie / besoin de pousser (parfois, ce besoin est confondu avec une envie d’aller à la selle). C’est un sentiment très fort, impossible à retenir : tout le corps veut poussez, « ça pousse tout seul ». Il est toutefois à noter que certaines femmes ne ressentent pas ce besoin impérieux de pousser, et le bébé sort de lui-même, tranquillement.
    • L’expulsion est un moment très délicat : certaines femmes arrivées à dilatation complète sont submergées par leurs émotions, par l’impression qu’elles n’y arriveront jamais, par l’impression qu’elles vont mourir, ou qu’elles se déchirent en deux… C’est un sentiment naturel, très fort, auquel il faut se préparer : trop peu de femmes en ont entendu parler… Ce phénomène est signe que le réflexe d’éjection du fœtus se met en place et que le dénouement est proche ! Le savoir permet d’y faire face.
Ma première expérience de naissance a été guidée par un chœur effréné de « Poussez ! poussez ! poussez ! » qui a duré au moins 30 minutes. En tant qu’enfantante inexpérimentée, j’ai pris leurs exhortations au sérieux… Cinq personnes étaient en train de me crier de pousser, et dans mes efforts pour satisfaire cette foule, j’ai poussé si fort que je me suis cassée le coccyx. 
Pour mon deuxième accouchement, j’ai décidé que je ne pousserai pas du tout. Si le bébé devait prendre un peu plus de temps pour sortir, qu’il en soit ainsi ! Bien sûr, le second accouchement fut accompagné du même chœur de « Poussez ! poussez ! poussez ! » Seulement cette fois-là, je l’ai ignoré. Il ne m’a rien fallu de plus que respirer tranquillement, me relaxer et m’arrêter un tout petit peu à chaque respiration. Jessica est arrivée en laissant mon coccyx indemne, m’épargnant ainsi 6 semaines de douleurs post-natales. » 
(témoignage de Jan Fletcher, dans le magazine « Mothering », 1988).
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