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Mon livre...

Petite Fée Coquelicot

...soyons le changement que nous voulons pour ce monde...


Et si c'étaient les pratiques hospitalières qui créaient les problèmes de l'accouchement ?

Catégories : #Parentalité, #Accouchement, #Naissance libre

Bon, vous l'aurez compris si vous avez lu mon précédent article, je suis loin d'être en accord avec les procédures routinières qui encadrent l'accouchement en structure hospitalière.

Et la naissance me touche vraiment beaucoup. D'abord parce que j'ai 4 enfants, et que j'ai vécu 4 naissances très différentes, à l'hôpital, à la maison accompagnée d'une sage-femme, puis en autonomie complète, rien qu'avec ma famille. Et puis, et surtout, parce que je suis persuadée qu'une naissance paisible, sereine, joyeuse, douce, respectueuse... peut être le début d'un changement de ce monde.

Comment demander à des enfants de grandir dans le respect des autres lorsque leur premier contact avec ce monde a été irrespectueux de tous leurs besoins fondamentaux ? Quand le droit de leur maman, ses désirs, ses besoins, ont été niés pour respecter les protocoles hospitaliers, ou les habitudes du personnel médical (la plupart du temps de toute bonne foi, hein, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit !) ? Comment lui donner une belle vision du monde quand la première chose qu'il ait vue a été une salle blanche, des mains gantées et des corps emblousés ? Comment lui faire comprendre que ses parents donneraient sa vie pour lui, alors qu'ils l'ont laissé être emportés de longues minutes, voire de longues heures loin d'eux, pour subir des traitements désagréables ou douloureux, même pas indispensables ? Comment lui donner confiance en lui, en ses propres capacités, quand sa naissance a été présidée par la toute puissance des machines, des médicaments, et du corps médical ?

Et si c'étaient les pratiques hospitalières qui créaient les problèmes de l'accouchement ?

Alors je voudrais réfléchir un peu avec vous sur ce sujet.

Quand j'ai annoncé autour de moi que j'avais choisi une sage-femme pour m'accompagner lors de mon troisième accouchement, à la maison, on m'a dit que j'étais folle. Pourquoi ? Parce que je risquais beaucoup. C'est vrai qu'on a toutes entendu des récits d'accouchements terrifiants... Donc je risquais beaucoup. Quoi par exemple ? Un des dangers qui étaient évoqués le plus souvent, c'était l'hémorragie de la délivrance (ou hémorragie post-partum) : le sang qui ne s'arrête plus de couler après la sortie du placenta.

Sauf que...

Si on fait une toute simple recherche sur internet, on tombe sur de très nombreuses études (beaucoup en anglais, dont les premières datent de 1962), quelques-unes en français, un peu plus tardives. Que disent ces études ? Je vous le donne en mille : que mis à part des pathologies pour lesquelles on peut prédire une hémorragie post-partum (pathologies qui sont décelées pendant la grossesse, et permettent donc de faire le choix d'un accouchement en structure), les hémorragies de la délivrance sont dues...

allez, je vous fais un petit coup de suspens...

... sont dues à l'injection d'ocytocine de synthèse (en France, c'est le Syntocinon qui est utilisé) ! Et oui ! Et qui délivre de l'ocytocine de synthèse ? Et bien l'hôpital, pardi !

A quoi sert l'ocytocine, la vraie ? A entraîner les contractions de l'utérus, des contractions progressives dans leur intensité et leur durée, qui vont préparer doucement le bébé à sortir, le col de l'utérus à se détendre progressivement... puis à éjecter le placenta une fois bébé dans les bras de sa maman.

Mais puisque l'ocytocine fait très bien son travail toute seule, pourquoi avoir recours au Syntocinon ? Pour provoquer l'accouchement, par exemple. Et là, on vous en injecte des doses pour le moins massives, parce que ni votre corps, ni votre bébé, ne sont prêts à la naissance... Alors il faut des doses énormes pour lancer cet accouchement. Pour mon quatrième enfant, prévu d'arriver aux alentours de Noël, le médecin de l'hôpital que j'avais vu lors de mon dernier mois de grossesse (pour avoir un dossier à l'hôpital au cas où) m'a demandé quelle était la date de naissance que je choisissais. J'ai été éberluée : un déclenchement, ce n'est pas rien, tout de même ! Et bien si : on vous le propose comme si c'était juste une prise de sang !

Même si vous n'avez pas eu de déclenchement, on vous injectera du Syntocinon, pour accélérer le travail. Parce que bon, les sage-femmes, les médecins et les infirmières, ils n'ont quand même pas que ça à faire, attendre que vous vouliez bien vous ouvrir à votre rythme ! Et là, ça vous donnera des contractions très fortes, intenses tout de suite, très douloureuses. Mais ça, on en reparlera plus tard, dans un autre article. Pour mon premier accouchement, arrivée à l'hôpital deux heures après le début des contractions, et alors que tout se présentait bien (mon bébé est né à peine deux heures plus tard), on m'a injecté du Syntocinon sans même me dire ce que c'était, ni à quoi ça servait, ni m'informer des effets secondaires et risques que provoquaient son injection !

Enfin, on vous injectera ce produit après la naissance du bébé, pour redonner des contractions et permettre au placenta de sortir rapidement. Parce que là non plus, le personnel médical ne peut pas attendre qu'il sorte une heure ou plus après la sortie du bébé...

Voilà pour les causes de l'injection du Syntocinon.

Quant aux conséquences, la plus dramatique est effectivement une hémorragie du post-partum, proportionnelle d'ailleurs aux quantités de Syntocinon reçue par la mère.

Je vous expliquerai le processus dans un article suivant, celui-ci est déjà bien assez long ;-)

Je vous laisse le lien vers la dernière de ces études, qui demande aux pouvoirs publics d'éradiquer la politique de pompier-pyromane qui a en cours dans les hôpitaux !

Commenter cet article

Libellule 12/01/2014 19:59

J'ai été concernée par l'hémorragie de la délivrance due à l'injection de syntocinon et aux conditions dans lesquelles j'ai dû accoucher.

Cet accouchement reste une vraie blessure pour moi.

Petite Fée Coquelicot 13/01/2014 09:01

Alors c'est déjà un grand pas !
Et tes proches, te soutiennent-ils dans ce que tu ressens ?

Libellule 13/01/2014 08:40

J'ai écrit et je leur ai envoyé... car la façon dont ils se sont comportés a été vraiment irrespectueuse...

Petite Fée Coquelicot 13/01/2014 08:32

J'en suis vraiment désolée pour toi... J'espère que tu sauras apprivoiser ces événements... Peut-être en écrivant ton ressenti à l'hôpital ? Moi ça m'avait beaucoup aidé, sans l'envoyer d'ailleurs, mais simplement en l'écrivant. Parce que parfois, quand tu en parles autour de toi, les gens minimisent ton traumatisme en te disant que quand même, ça ne s'est pas si mal passé ! Alors écrire sans tabou, en laissant vraiment son coeur s'épancher, ça peut aider à mettre des mots sur nos blessures, pour les regarder une fois pour toutes en face et les laisser partir derrière nous...
Bon courage...

Libellule 13/01/2014 08:29

Pour l'instant une autre grossesse n'est pas envisageable physiquement.

Le pire est que j'ai dû lutter toute ma grossesse pour, au final, ne rien obtenir...

Petite Fée Coquelicot 13/01/2014 08:21

Oui, je comprends que de grandes blessures peuvent résulter d'un accouchement "volé"... En espérant que peut-être, une autre naissance puisse t'en "guérir" ?

Alexandra 09/01/2014 10:02

L'injection de Syntocinon est-il toujours systématique? Quand l'injecte -t-il? Je n'en ai pas souvenir ou peut être se garde t-il bien de nous le dire? Dans l'hôpital où j'ai accouché, il y a eu de nombreux progrès pour le respect de la naissance. Bien sûr, on est très loin d'un accouchement naturel , mais les soins au bébé sont fait très tard, j'ai pu garder mes miss aussi longtemps que je voulais sur moi avant qu'il me propose de faire quelques soins, couches lavables, bain très tardif ds la semaine... bref, il y a quelques pas avant ... mais je suis la première à avoir eu peur et cette médicalisation rassure quelquepart. Maintenant après deux accouchements qui se sont bien passés, le deuxième hyper easy, je pense que je me sentirai capable d'accoucher juste avec une sage femme mais il faudrait que ça se développe pour que les femmes puissent avoir confiance en elles et en leur nature première. Pour ma part, mon instinct maternelle s'est fortement développée après la première naissance, avant je n'aurai pas pensé être la mère que je suis, et c'est maintenant seulement que je me sentirai capable de TOUT pour mes enfants... merci pour tes infos et tes liens.

Alexandra 09/01/2014 10:43

J'ai récupéré mes dossiers, je vais aller jeter un oeil ça m'intéresse... ça ne m'étonne pas qu'ils injectent ça en même temps que la solution glucosée sans nous le dire! Brrrrr, ça m'énerve et ça fait peur ... ce manque d'infos, ce qu'on nous cache... ça me révolte!!!

Petite Fée Coquelicot 09/01/2014 10:36

L'injection d'aocytocine de synthèse dépend beaucoup des hôpitaux. Dans certains, c'est systématique : 99% des naissances... Dans d'autres c'est un peu moins, mais en France, la moyenne avoisine les 75%, ce qui est tout de même énorme !
Surtout que la plupart du temps, personne ne t'informe de ce qu'on t'injecte. Pour mon premier, j'ai eu une voie posée dès le début, soi-disant pour la solution glucosée. Elle a servi sans que je le sache à l'injection de Syntocinon (je lai su seulement bien après l'accouchement en faisant des pieds et des mains pour obtenir mon dossier).
Pour mon deuxième accouchement, j'ai vécu tout le travail à la maison, et je ne suis arrivée à l'hôpital que 10 minutes avant la naissance de ma fille, alors les infirmières n'ont pas eu le temps de me poser une voie. Mais alors que je tenais mon bébé dans les bras, la sage-femme m'a fait une piqûre dans la cuisse, sans même me prévenir, et lorsque je lui ai demandé ce que c'était, elle m'a dit : "rien, tien, c'est juste pour aider la délivrance !" Je sais maintenant, grâce à mon dossier, que c'était du Syntocinon.
A aucun moment, je n'ai eu droit à donner mon consentement. A aucun moment je n'ai eu droit à une information, encore moins une information impartiale...
Alors heureusement que les pratiques évoluent dans certains hôpitaux, mais c'est loin d'être la norme vu tout ce que j'entends autour de moi !

A mon sens, ce qui est vraiment indispensable, c'est d'informer les jeunes femmes, les futures mamans, en leur expliquant la physiologie de l'accouchement de manière simple. De leur assurer qu'elles sont faites pour ça, que l'accouchement n'est en soi pas dangereux, qu'il est tout ce qu'il y a de naturel... Et qu'il n'y a pas à avoir peur de la douleur, puisque c'est justement la peur qui CREE la douleur...
Et dans ce cas, comme tu le dis, les parturientes n'auront pas peur, et n'auront pas à être rassurées par tout un protocole médical qui, malheureusement, crée une spirale infernale d'interventions plus lourdes les unes que les autres... Mais ça, j'ai le projet d'en parler prochainement dans un article.

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